LES MATERIAUX :

 

La maison bulle séduit avec ses nombreux avantages. La liberté de réalisation de ces maisons repose sur le voile de béton. Ce matériau est l'Emblème des matériaux énergivore, cependant nous ne l'utiliserons pas comme il est employé dans la construction traditionnelle. Il faut faire un choix entre la pérennité de l'ouvrage et les vertus écologiques de la construction. Des alternatives se mettent en place, nous étudions les possibilités actuelles telles que le ciment à base d'argile, le béton de chanvre, le béton de riz, le bétostyrène à base de polystyrène recyclé, le béton drainant, les nouvelles fibres... Les possibilités ne manquent pas. Notre seule préoccupation est de faire une maison insensible aux agents extérieurs (insectes, champignons, éléments naturels...)

 

Nos murs porteurs ont une épaisseur de 8 cm, au lieu des 20 habituels. Les techniques de mise en œuvre que nous visons ont un temps de réalisation très court, ce qui nécessite moins de transports maison/chantier, moins de livraisons, moins de consommation énergétique pour la mise en œuvre. C'est donc dès le début plus économique puisque nous limitons l'apport de matières premières d'une part, d'autre part le transport de ces dernières.

 

Diminuer l'apport de matières premières, c'est aussi économiser sur le transport de ces dernières

La forme ronde est la plus économique en matériaux, temps et logistique.

La nature allie économie et efficacité. La sphère, le rond, l'atome, tout s'articule autour d'une bulle. Et ce n'est pas pour rien : économie en matières premières, mais aussi en temps. Avec la bonne technique, c'est la forme la plus facile à faire. Avec les dernières mises en œuvre et réflexion, c'est une réalisation faisable en seulement quelques semaines (dont beaucoup de temps de séchage).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La sphère, écrit Platon dans le Timée, est « de toutes les figures, la plus parfaite et la plus semblable à elle-même ». Cette perfection nous est familière, car c'est un des premiers solides que l'on étudie en géométrie à l'école. Elle se veut économe, familière, et d'une résistance à la pression exceptionnelle. Parfait pour un nid. 

La déconstruction éventuelle permettrait une revalorasation quasi intégrale de la maison : la fabrication couche par couche toute autoporteuse et non adhérente facilite un épluchage sélectif des constituants de la maison. 

LES CHAUFFAGES :

Nous pensons immédiatement au chauffage en ce qui concerne les économies d'énergies. Nous visons trois possibilités pour chauffer la maison: le chauffage solaire, le puits canadien et la pompe à chaleur. La forme ronde est également moins énergivore à chauffer :

 

 

 

 

Le Chauffage solaire

Le soleil est la source de chaleur naturelle la plus performante. Il est donc naturel d'utiliser cette source via des ouvertures comme les fenêtres. Leur position, idéalement posées sur la bulle grâce à l'étude  menée sur le terrain au préalable, permettront de maximiser un des pôles de la consommation énergétique. C'est pour cette raison qu'une exposition Sud est nécessaire. Pour nous, il est évident que cette source de chaleur sans émission de CO² et autre gaz à effet de serre est une de nos premières préoccupation après l'ergonomie de l'habitat. Ce dernier étant conçu aussi via la lumière demandée selon les fonctions de l'habitat : coucher, bureau, cuisine, salon.

 

Une des conceptions des ouvertures est basée sur la course du soleil tout au long de l'année : cela permet d'uniformiser la luminosité et la chaleur fournie par le soleil.

 

En hiver, le soleil a une course basse à l'horizon, alors qu'il est plus haut dans le ciel l'été. En Provence, les vieux mas sont faits avec des murs épais, percés de larges fenêtre orientées au sud. Ce type de fenêtre est sur le principe de l'éco-conception, bien avant que l'on parle d'écologie. De par sa course haute, la lumière du soleil d'été est coupée par l'épaisseur des murs et l'hiver le zénith bas du soleil lui permet de laisser entrer un maximum de ses rayons par les larges fenêtre.

 

Nous voulons utiliser ce même principe séculaire comme Antti Lovag l'a utilisé dans ses constructions,

Ici, en jaune clair, les rayonnements d'hiver chauffent le sol et les murs.

En jaune foncé, les rayonnements d'été sont neutralisés par les "casquettes" des fenêtres, et contenus dans les hamacs

 

Des fenêtre zénithales (sur le toit) permettent de faire massivement de la lumière tout au long de l'année. Pour réguler cet apport de chaleur sur la journée, le soleil frappe le sol et les murs. Ces derniers stockent des calories la journée pour les restituer la nuit. Pour réguler les apports du soleil sur l'année par cette fenêtre zénithale, nous ajouterons un hamac brise soleil. Ce hamac n'occultera par sa forme le soleil que l'été et le laissera passé librement l'hiver. A mi-saison, il occultera à moitié la lumière du soleil.

Le puits canadien.

 

L'été, la chaleur accumulée par le hamac est évacuée par la fenêtre qui s'ouvre. L'air frais est ainsi aspiré par le mouvement de convection au travers d'un puits canadien pour rafraichir les parties basses.

 

Les autres fenêtres, celles à hauteur de regard de forme ronde ou ovale (occulus) sont accompagnées d'un tube. Celui-ci, en plus de cadrer le regard, va auto-réguler de par sa longueur  le volume de lumière en fonction de la hauteur du soleil dans le ciel.

En été :

 

La température du sol (15°) va rafraîchir l'air qui passera par le tube enterré. Pour aspirer cet air, les hamacs chauffés par le soleil laisseront échapper cet air chaud par les fenêtres au sommet de cette maison, ce qui aspirera l'air frais par le tuyau enterré et rafraîchira donc la maison.

En hiver :

 

Le puits canadien est couplé à une ventilation mécanique contrôlée (VMC) qui poussera l'air frais tiédi par le sol au-dessus des zones chauffées par le soleil. Il prendra l'air chauffé au sommet de la maison pour le redistribuer dans les parties non éclairées par le soleil. Cela permettra de réchauffer l'intérieur en renouvelant l'air.

La pompe à chaleur

Une pompe à chaleur captera les calories présentes dans l'air extérieur pré-chauffé par un puits canadien dédié et transmettra ces calories dans un réseau de tuyaux noyés dans le sol et le bas des murs.

L'EAU :

 

L'eau est une ressource essentielle à préserver. Il nous semble aberrant d'utiliser de l'eau potable pour certains des besoins quotidiens (WC, douche, vaisselle, ménage, jardin...) C'est pourquoi nous nous sommes penchés sur les problématiques de l'eau, sa captation, son utilisation, ses traitements...

Nos réseaux d'eau :

 

Nous utiliserons des robinets triples : eau chaude/froide/potable (qui ne sera que froide). Les robinets dédiés à l'eau potable sera alimentés par la ville et le réseau commun. L'eau chaude et l'eau froide, chacune non potable, proviendront d'un récupérateur d'eau de pluie à travers un réseau de filtres et de purificateurs.

Le traitement de l'eau usée:

 

Nous avons longuement étudié les différentes formes de traitement de l'eau usagée. Celui qui nous semble être le moins contraignant et le plus en adéquation avec nos valeurs est la phytoépuration. Il s'agit d'un cheminement de l'eau à travers différents bassins (qui est d'ailleurs très esthétique ! ) Chacun de ces bassins contient des plantes aux différentes vertus dé-polluantes. Nous ferons appel à des spécialistes en la matière pour cette partie.

La captation de l'eau de pluie :

 

Les maisons bulles n'ont pas de toit, donc pas de gouttières au sens propre du terme. Dans certaines parties, une gouttière sera sculptée sur le revêtement extérieur. Pour le reste, des caniveaux drainants au pied des bulles récupéreront l'eau de pluie. L'ensemble convergera vers une cuve de stockage.

 
 
 
 

© 2017 par Mélanie & Numa CUISIN-LOVAG.